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Comment utiliser le NPS pour construire une roadmap

Le NPS mesure une disposition à recommander, pas ce qu'il faut construire. Ce qui sert vraiment dans une roadmap, ce sont les commentaires libres, lus avec le contexte des comptes.

Feuille de route et changelog FlagUp.io Published Updated 5 min read

Le NPS est l'une des rares mesures produit dotées d'une méthodologie fixe et d'une façon correcte de se calculer. C'est aussi l'une de celles qu'on emploie le plus souvent pour répondre à des questions auxquelles elle ne répond pas.

La réponse courte. Le NPS mesure une disposition à recommander sur une échelle comparable dans le temps. Il ne dit pas ce qui manque au produit ni par quoi commencer. Ce qui alimente une roadmap, ce n'est pas le score : ce sont les commentaires libres, lus avec le contexte de qui les a écrits.


Ce que le score peut dire, et ce qu'il ne peut pas

Le score est un signal agrégé et lent. Il sert à constater qu'une perception s'est déplacée et à comparer des périodes à méthodologie constante.

Il ne sert pas à trois usages pourtant fréquents :

Classer des fonctionnalités. Rien dans la question du NPS ne porte sur des fonctionnalités. En déduire des priorités revient à inventer le lien.

Se comparer à d'autres entreprises. Les chiffres publiés dépendent du moment de l'envoi, de la population et de la fréquence, rarement précisés. Deux méthodologies différentes produisent des nombres non comparables sur une échelle identique.

Évaluer une équipe. Dès que le NPS devient un objectif, le choix du moment et des destinataires s'ajuste. Le nombre monte et cesse de mesurer quoi que ce soit.

S'ajoute un biais permanent : répondent surtout ceux qui ont un avis formé. La majorité silencieuse n'apparaît pas, et c'est souvent le groupe le plus nombreux.


Les trois groupes

Groupe Ce qu'il apporte à la roadmap Erreur courante
Promoteurs Ce qu'il ne faut pas casser Leur demander quoi construire
Passifs Ce qui manque pour convaincre Les ignorer, faute de problème visible
Détracteurs Ce qui est cassé ou mal ajusté Traiter tous leurs retours pareil

Les passifs sont le groupe le plus négligé. Ils ne sont pas mécontents, donc personne ne les rappelle. Leurs commentaires décrivent pourtant avec précision l'écart entre ce que le produit fait et ce dont ils auraient besoin pour en dépendre.

Les détracteurs demandent une distinction préalable : une partie est insatisfaite du produit, une autre n'aurait jamais dû l'acheter parce qu'elle cherchait autre chose. Les confondre conduit à poursuivre un client qui n'est pas le vôtre. Séparer les deux demande une conversation, pas plus de données.

Les promoteurs renseignent surtout sur ce qui fonctionne, information rare qu'on ne collecte presque jamais explicitement et qui protège des refontes inutiles.


Exploiter les commentaires

Tout ce qui est actionnable se trouve dans le champ libre, et ce champ est mal traité la plupart du temps.

Quatre étapes qui améliorent nettement le résultat :

  1. Regrouper par thème, pas par note. Le même problème apparaît dans un 4 et dans un 7. Trier par note sépare des commentaires qui parlent de la même chose.
  2. Compter les comptes, pas les commentaires. Cinq mentions d'une même organisation font une organisation.
  3. Croiser avec le contexte du compte. Offre, ancienneté et usage réel changent le sens d'une plainte. C'est la même segmentation que pour le reste du feedback.
  4. Séparer le problème de la solution proposée. « Il me faut un export Excel » peut vouloir dire « je ne fais pas confiance à vos chiffres ».

Les thèmes obtenus rejoignent ensuite la même file que le reste. Un sujet venu du NPS ne mérite pas de voie prioritaire au motif qu'il vient du NPS.


Pourquoi ce n'est pas un système de vote

Compter les détracteurs qui mentionnent chaque thème et classer par fréquence paraît raisonnable. Trois défauts s'accumulent.

L'échantillon n'est pas la base clients. C'est celui qui a répondu, avec un penchant pour les extrêmes.

Le moment détermine le thème. Une enquête envoyée après un incident fait dominer ce sujet pendant des semaines, puis il disparaît.

Écrire ne coûte rien. Sur un tableau de votes, la personne voit ce que d'autres ont demandé et choisit. Dans un champ libre, chacun écrit isolément, et le comptage récompense ce qui s'exprime facilement plutôt que ce qui compte.

Une précision d'outillage : FlagUp ne collecte pas de NPS et ne construit pas de questionnaires. Il recueille du feedback par widget, boîte à suggestions et tableau de votes, et analyse le langage des messages reçus. Suivre un NPS suppose un outil dédié, dont les commentaires peuvent ensuite rejoindre le même endroit que le reste.


Questions fréquentes

À quelle fréquence mesurer ?

Trimestriel ou semestriel convient à la plupart des produits. Mesurer en continu produit du bruit et fatigue les répondants, puisque l'indicateur bouge lentement par nature.

Un NPS bas signifie-t-il un mauvais produit ?

Pas nécessairement. Il peut signaler une inadéquation entre le produit et le public auquel on le vend. Un bon produit entre les mains de quelqu'un qui cherchait autre chose produit des détracteurs sincères.

Peut-on utiliser le NPS comme micro-sondage in-app ?

C'est possible et cela coûte sa comparabilité, qui est sa principale qualité. Pour du feedback contextuel, un micro-sondage dédié convient mieux.

Cela vaut-il la peine avec peu d'utilisateurs ?

Le score oscille trop pour être informatif sur de petits échantillons. Les commentaires gardent leur valeur : dans ce cas, conservez le texte et laissez le nombre de côté.


Pour aller plus loin

Un thème confirmé par plusieurs sources mérite d'être visible par ceux qui l'ont signalé. Voyez la feuille de route et les tarifs.

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